L’intelligence collective est-il un facteur d’évolution au sein de nos organisations par « sélection naturelle par le plus fort » ou « l’échange réciproque et volontaire » ?

  1. L’évolution de l’intelligence de l’humanité depuis son origine a-t-elle sculptée notre psyché collective par l’entraide ou par le seul fait de nous combattre les uns les autres ?
  2. Le grand facteur de mobilisation de l’intelligence est-il l’entraide ou la lutte ?
  3. Dans l’évolution de l’espèce humaine, la source positive d’échange réciproque et volontaire de ressources et de services au profit de tous, n’a-t-il pas favorisé l’évolution des tribus, des communautés, des nations pour le progrès moral de l’homme?
  4. Une vision de société cruelle, serait-elle, une construction mentale au profit d’un seul ?  « L’homme est-il perçu comme un loup pour l’homme ou son contraire ».
  5. Faut-il admettre une impitoyable guerre pour la vie, au sein de chaque espèce, et voir dans cette guerre une condition de progrès ?
  6. Faut-il considérer la lutte pour la vie entre les hommes, pour les moyens d’existence contre ses congénères, et de tout homme contre tous les autres hommes, comme « une loi de la nature » ?

Grâce à sa haute intelligence et à ses connaissances mutualisées, la grande majorité des hommes vivent en société et trouvent dans l’association, leurs meilleures armes de lutte pour la survie contre les conditions défavorables.  Ainsi l’obligation de partager et de générosité seraient-elle la première étape vers la mobilisation de l’intelligence culturelle. Une étape de l’évolution humaine, provoquant un éveil à son humanité grâce à cette capacité à établir des codes sociaux qui régissent l’entraide.

Lorsque la lutte individuelle est réduite au minimum et la pratique de l’aide mutuelle atteint son plus grand développement, l’importance des groupes sont invariablement plus nombreux, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. Cette conscience de la possibilité de mobiliser l’intelligence collective et l’obtention d’une protection mutuelle rend possible l’atteinte d’un changement profond dans les organisations.

Cette nouvelle étape culturelle de l’évolution de nos organisations permettra donc d’accumuler de l’expérience, de développer le plus haut développement intellectuel et créatif, asseoir une évolution positive des règles sociales, assurant ainsi une sympathie sociale, une forte cohésion et une ouverture vers plus d’extension et d’évolution futures.

Cette sympathie sociale est un facteur déterminant de mobilisation collective. Cet altruisme communautaire peut être considéré comme antinomique à l’égoïsme et nécessite de développer de l’empathie. Ce n’est pas un hasard si la sélection naturelle a favorisé l’apparition de neurones miroirs permettant de se mettre à la place d’autrui et d’apprendre rapidement par imitation.

La pratique de la générosité, le partage, l’échange et l’entraide, devient une espèce de contagion pédagogique par laquelle les hommes reproduisent par exemplarité, imitation ou influence les comportements des autres. Elle implique d’avoir un regard positif ou une préoccupation non éphémère pour les autres personnes dans un groupe et décrit un comportement caractérisé par des actes bénéfiques à d’autres individus. Un acte gratuit désintéressé d’autrui, c’est-à-dire le souhait qu’autrui trouve le bonheur et la générosité n’attendant rien en retour.

Mobiliser l’intelligence collective c’est apprendre à dépasser la réflexion basée sur le soi et voir l’interdépendance qui réunit les êtres humains à leur environnement. Elle repose en fait sur le résultat d’un effort conscient et sur une vision culturelle du monde dans laquelle l’homme social se construit avec une tendance naturelle à l’altruisme.  Et non en lutte contre une animalité primitive supposée égoïste selon laquelle l’égoïsme correspondrait à une opposition fondamentale entre nature et culture.

Nous serions donc devenus humains grâce à cette capacité à mobiliser  toute l’intelligence d’un groupe et parce que nos ancêtres ont appris à partager leur nourriture et à échanger des services, formant ainsi les réseaux d’obligations et de règles collectives. Un beau parallèle avec les nouveaux territoires et la volonté de mobiliser l’intelligence collective de nos réseaux sociaux et du monde numérique virtuel en construction.

Le besoin de se rendre utile révèle le trait le plus déterminant de l’aptitude à la survie, plus important que l’agression et plus efficace, à long terme, que l’instinct d’appropriation. L’altruisme est peut-être notre attribut le plus primitif directement à portée de la main, prêt à être ‘déclencher’, déguisé pour le moment dans nos organisations, en affection, en amitié, en attachement.

La source positive d’échange réciproque et volontaire de ressources et de services au profit de tous devient donc un avantage concurrentiel d’évolution de nos civilisations et organisations. Au fond rien ne change, nous pratiquons de la sorte depuis la nuit des temps, juste une reprise de conscience de l’importance de la pratique de la générosité, du partage, de l’échange et de l’entraide au sein des groupes.

 


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