L’intelligence collective et collaborative est un langage.

network20Dans la mesure où nous parlons, nous nous connectons pour former un corps social, une psyché groupale et cognitive. Dans la mesure où nous vivons en société, nous parlons pour échanger, pour communiquer aux autres soit nos idées, nos passions, nos émotions, soit nos besoins, nos désirs, nos envies, le langage de l’intelligence collective tire donc sa raison de la société et en est lui-même l’effet.

L’intelligence collective s’apprend comme une langue vivante. C’est un système de signes qui unit par convention une idée, un concept et un son, une image acoustique. Dans l’espèce humaine, le développement l’intelligence collective et collaborative est un processus qui nous poursuit depuis le début de l’humanité et peut être même avant cela. Au sein de notre espèce et dès la naissance, son apprentissage débute très tôt et se poursuit tout au long de la vie de l’individu d’une façon automatisée et totalement inconsciente sur ses fondements.

L’acquisition de ce langage c’est fait par le biais des cinq sens : ouïe, vue, toucher, odorat, et goût, qui aident à la structuration du cerveau afin de reconnaître les stimuli collectifs et collaboratifs et sociaux. C’est un langage qu’il nous faut conscientiser pour aborder la complexité et l’incertitude du monde et remettre à la surface de notre conscience pour mieux communiquer et partager. Sans le réapprentissage de cette langue enfouie au plus profond de nous, nous n’avons aucun accès efficace et performant à la mobilisation et l’agilité collective et au management de l’intelligence collective au sein de nos organisations.  Cette langue qui nous semble étrangère et sans aucune conscience du sens des échanges, il nous est impossible de comprendre comment stimuler l’intelligence collective. Ne pas connaitre cette langue c’est rester aveugle au fonctionnement de l’intelligence collective.

Les études en psycho-sociologie mettent en évidence que le sens le plus utilisé est d’abord l’ouïe, très développé chez le nouveau-né (et déjà utilisé par le fœtus qui distingue les intonations, les mélodies de la voix de sa mère) qui lui permet de réaliser une discrimination positive des sons du « mamanet », consiste en un vocabulaire simplifié, un rythme plus lent, des répétitions fréquentes et une voix chantante plus aigüe), ce « langage bébé » lui facilitant l’apprentissage. L’acquisition du langage de l’intelligence collective et collaborative procède par ce genre d’apprentissage et imitation sociale. C’est un réapprentissage du fonctionnement social de nos cultures.

Apprendre la mobilisation de l’intelligence collective et collaborative c’est apprendre la capacité d’observation et d’exprimer ses pensées, ses émotions et son ressenti et de communiquer au moyen d’un système de signes non-verbaux, de signaux faibles, d’émotions et de mots. L’observation systémique de  cette communication entre mes êtres  est un langage basé sur  la métacommunication. Et méta-communiquer avec un regard systémique.

Juste rappeler que cette approche est toujours globale, grâce à une vision holistique et permet d’aborder des sujets complexes qui restent réfractaires à l’approche parcellaire des sciences exactes issues du  cartésianisme. Le langage de la pensée systémique consiste à regrouper les éléments individuels d’un système sous des points de vue particuliers. Elle est définie comme une façon de voir les phénomènes et les corrélations complexes dans leur intégralité selon une approche interdisciplinaire. L’objectif de l’approche systémique est la modélisation, c’est-à-dire la figuration d’une réalité complexe sous la forme d’un modèle simplifié, plus facilement compréhensible.

Reste des questions qui soulèvent des interrogations:

  • Ce langage de l’intelligence collective est-il interculturel ou culturel ?
  • Quelle modélisation et pour quel objectif ?
  • Quels sont les bienfaits de la mobilisation de l’intelligence collective ?

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